"Soigner un arbre malade qu'on ne comprend pas, c’est comme démarrer une Rolls en tapant dessus avec un marteau."
Alex Shigo
Objectifs et méthodes de diagnostic
Les arbres occupent une place essentielle dans les paysages urbains et ruraux, notamment pour la biodiversité, les paysages et le bien-être des populations. Cependant, ils peuvent être fragilisés par les contraintes environnementales et humaines. Le diagnostic des arbres permet d'évaluer leur état de santé et leur stabilité afin de prévenir les risques et d'assurer une gestion durable du patrimoine arboré.
Méthode ARCHI (Dénou C.)
La méthode ARCHI permet tout d’abord de décrypter le passé d’un arbre, sa dynamique actuelle et de pronostiquer son évolution, au moins à court terme. Elle diagnostique le caractère réversible (résilience) ou irréversible d’un dépérissement ; elle présente l'intérêt de ne pas être induit en erreur par des symptômes parfois passagers (déficit foliaire, mortalité de branches) et de différencier mortalité naturelle (vieillissement) et dépérissement.
Elle explicite l’aspect non linéaire des dynamiques de réaction des arbres face au stress, incorpore les spécificités botaniques de chaque essence, prend en compte l’observation des suppléants. Enfin, elle hiérarchise la série d’observations à réaliser sous forme de clés de détermination.
La méthode VTA (Visual Tree Assessment, MATTHECK, 1993)
Cette méthode permet d’évaluer l’état de santé des arbres et de prévenir les risques liés à leur chute, en minimisant les méthodes intrusives. Cette méthode repose sur l’observation et l’analyse des défaillances et renforcements mécaniques et physiologiques pouvant avoir une incidence sur la dangerosité d’un arbre. Une analyse visuelle peut suffire mais parfois des examens plus poussés sont nécessaires. Des investigations approfondies peuvent alors être mises en œuvre afin d’établir le diagnostic, vérifier une hypothèse ou mesurer l’ampleur du défaut. Des outils simples sont employés, en limitant le nombre de perforations grâce à une bonne analyse préalable de l’arbre et sont réalisables même en milieu urbain.
Méthode DIA (Diagnostic Intégré de l'Arbre, W. MOORE)
Le diagnostic, l’élaboration d’un plan de gestion ou d’une expertise nécessitent une méthodologie. La méthode DIA à travers le modèle des Zones de l’Arbre a été conçu pour guider la démarche de diagnostic. Ce modèle sert de grille de lecture pour l’appréciation de l’état de santé de l’arbre. La méthodologie DIA permet de façon logique, d’effectuer la synthèse de l’ensemble des observations faites à différents niveaux, et de se prononcer sur l’état global de la santé d’un arbre. Dans le cas de groupes d’arbres ou d’alignements, des analyses d’ensemble sont nécessaires afin de connaître les profils d’état de santé mécanique et physiologique de l’ensemble des sujets ainsi que le profil de risque. Un programme de travail peut être élaboré suite à l’appréciation de ces analyses en fonction des objectifs de gestion.
QTRA (Quantified Tree Risk Assessment, M. ELLISON)
La méthode d'évaluation quantifiée des risques liés aux arbres (QTRA), applique des principes de gestion des risques reconnus et éprouvés à la sécurité des arbres. Cette méthode permet de s'affranchir de la simple catégorisation des arbres comme « sûrs » ou « dangereux », et donc de la nécessité d'un jugement définitif de la part des évaluateurs ou des gestionnaires arboricoles. La QTRA quantifie plutôt le risque de dommages liés à la chute d'un arbre, permettant ainsi aux gestionnaires de concilier sécurité et valeur patrimoniale des arbres et d'opérer dans les limites prédéterminées de risque tolérable ou acceptable.
En quantifiant le risque de chute d'arbre, QTRA permet au propriétaire d'un arbre de gérer ce risque conformément aux niveaux de tolérance au risque largement appliqués et reconnus internationalement. QTRA fournit également un cadre décisionnel qui prend en compte l'équilibre entre les avantages que procurent les arbres, les niveaux de risque qu'ils présentent et les coûts de la gestion des risques.